2017, anniversaire de l’amitié franco-américaine

septembre 2017



Château Edmus fête son dixième anniversaire. C’est en effet en 2007 que mon partenaire américain, Phil Edmundson, et moi avons acheté une partie des vieilles vignes du Château Lescours que nous avons rebaptisée Château Edmus, forme contractée de nos deux noms. Comme pour toute entreprise, nous avons dû relever pas mal de défis, traversé quelques galères mais au bout du compte, ce sont les sentiments de plaisir et de fierté qui l’emportent. Plaisir de partager avec des amis un verre de notre production en discutant des mérites comparés d’un millésime par rapport à un autre, plaisir de remonter les rangs de vigne au milieu de l’été en essayant de projeter la prochaine cuvée, fierté d’avoir inscrit Edmus sur la carte des vins fins et d’avoir pénétré un monde nouveau pour nous et, modestement, d’avoir commencé à le comprendre.

L’histoire, celle que l’on écrit avec un H majuscule, est faite de petites histoires comme Château Edmus et, dans la grande histoire des relations franco-américaines, les années en « 7 » semblent avoir une importance particulière.

Il y a quelques semaines, la présence du Président Trump au défilé du 14 Juillet était un hommage aux soldats américains qui, cent ans plus tôt, avaient rejoint les forces alliées, en 1917, et contribué de façon décisive à la fin des hostilités.

Revenant au domaine du vin, c’est en 1787 que le futur président américain, Thomas Jefferson, alors ambassadeur auprès de la Cour de France, fit un bref séjour de quatre jours à Bordeaux. Il marqua son passage par de généreuses commandes mais aussi par un compte rendu détaillé de ses dégustations qui, tout en révélant un palais très sûr, préfigurait la hiérarchie des grands crus telle qu’elle ressortirait du classement de 1855. Le voyage de Thomas Jefferson eut lieu très exactement 10 ans après qu’un jeune aristocrate, capitaine dans l’armée royale, le Marquis de Lafayette, ait hissé, au matin du 26 mars 1777, les voiles du navire La Victoire pour rejoindre, partant de Pauillac en Médoc, les rivages de Caroline du Sud et apporter son soutien à la jeune nation américaine dont l’indépendance encore fragile datait de quelques mois.

Concernant nos vins, 2007, notre premier millésime, s’est révélé très agréable, de corps moyen mais avec un bon degré de complexité qui s’est accentué avec le vieillissement. Nous serions heureux d’en avoir encore. Pour 2017, il est encore un peu tôt pour se prononcer à l’heure où nous rédigeons ce billet. Nous sommes encore à 10 à 12 jours du début des vendanges et le mix « pluie -soleil » des derniers jours, suivant l’importance relative de chaque élément, est souvent décisif dans l’équilibre final. Nous devons donc patienter encore un peu et en dirons davantage dans notre prochain message.

Eric Remus Propriétaire